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Jim Morrison, pianiste confidentiel?

Il est établi que les premiers titres des Doors provenaient largement des cahiers de poésie que Jim remplissait furieusement à cette époque, jusqu'à ce que Robby Krieger s'essaie à la composition avec Light My Fire; Krieger, un autre cas de « combustion spontané » lui aussi ?

S'établir comme compositeur sans avoir reçu de formation musicale est, encore ici, spectaculaire et intrigant. Toutefois, Krieger, déjà adepte de flamenco et de jazz, avait assurément une base musicale solide - Light My Fire en étant une démonstration patente.

Construire une chanson, sentir les formes, les dynamiques et développer des mélodies originales demandent des mois de travail, à moins de s'appeler... Jim Morrison? Encore ici, il est difficile d'y adhérer complètement, surtout que notre homme n'a jamais semblé tâter d'un instrument de musique. Quoique...

Dans ce clip, dont l'existence remonte au premier film sur les Doors, « A Feast of Friends » à la fin des années soixante, on voit une rarissime prise de Morrison au piano, improvisant une histoire complètement folle mettant en vedette nul autre que Frederic Nietzche, l'idole de ses seize ans.

Notez que pour un non-instrumentiste, la technique pianistique de M. Morrison, bien que limitée, semble quand même assez au point par endroits; bon, j'admets qu'il « bûche » par moment, mais sinon pas d'hésitation dans le doigté alors qu'il improvise simultanément une histoire dingue qui fait rire, au final, son auditoire d'abord hypnotisé par sa frénésie.

Ça n'est pas là le doigté de quelqu'un d'intimidé devant un clavier, ou qui cherche ses notes. Encore une fois, Jim Morrison était-il mieux formé musicalement qu'il ne l'eut jamais admis?

La séquence finale du clip est l'exécution (partielle) de « The End » au Hollywood Bowl à l'été '68. On peut y entendre que la mélodie, sur scène, était plus linéaire qu'en studio, surtout pour le passage « This is the end / of our elaborate plans (…) no safety our surprise, the end / I'll never look into your eyes again / Can you picture what we'll be / So limitless and free (...) » comparativement à la tournure plus mélodieuse et mémorable de l'album éponyme. Était-ce du à l'influence et au perfectionnisme du producteur Rothchild? Possible. Était-ce dû aux limites inhérentes du mélodiste « spontané »? Possible aussi. Seuls les membres du groupe, et les proches encore vivants pourraient encore en témoigner.

Encore une fois, on nait avec des aptitudes artistiques, mais le travail d'un instrument fait une authentique différence pour le commun des mortels. À moins d'avoir la chance de tomber sur trois musiciens doués, compétents et complices pour soutenir et alimenter la vision du chaman Morrison qui était, en définitive, l'âme du groupe? Quelle chance il aura eu...

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