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La forme AAA : « Comme Un Million De Gens »

Prenons « Comme Un Million De Gens » de Claude Dubois.


La forme de ce classique de Dubois est de quatre couplets, soit les trois premiers qui font 24 mesures, et le dernier qui déborde légèrement autour de 30.

Le premier couplet débute par « Il est né un jour de printemps / il était le septième enfant / d'une famille d'ouvriers / n'ayant pas peur de travailler / Comme un million de gens... » et se termine par « Autour de lui y avait plus petits et plus grands / Des hommes semblables en dedans », phrase qui reviendra tel un « rappel », inlassablement à la fin de chaque couplet. Résumé du premier couplet donc: la naissance d'un nouveau membre de la famille qui aura à faire sa place dans le monde, avec constat sur la condition humaine qui terminera chacun des couplets à venir.

Le deuxième y va d'un « En mangeant un morceau de pain / il avait vu que le voisin / avait quelque chose sur le sien / qu'il aurait bien aimé goûter / Comme un million de gens... » Afin d'améliorer son sort, celui-ci devra cesser d'étudier pour mieux manger. On avance dans l'histoire et dans le cycle de la vie.

Et ensuite: « Puis un jour il a rencontré / Une femme qu'il a mariée / Sans pour cela se demander / Si, du moins, il pouvait l'aimer / Comme un million de gens... » ils ont vieilli, ont eu des enfants qui, eux aussi devront serrer leurs poings pour subsister. Et encore, le « rappel » tel un mantra universel au futur cette fois: « Mais autour d'eux y aura plus petits et plus grands / des hommes semblables en dedans ».

Et pour conclure, le quatrième couplet, toujours sur la même progression harmonique et qui débute, cette fois-ci par le titre: « Comme un million de gens... » qui pourraient se rassembler afin d'améliorer leur sort... Et pour une dernière fois, le rappel pour conclure, philosophiquement que la nature humaine est ce qu'elle est, invariablement.

La caractéristique de « départ-arrêt » propre à la forme AAA favorise la présentation de portraits et de changements de temps et de lieu. « Comme Un Million De Gens » en est une démonstration patente. On y retrouve un portrait humain et universel tout en progression, avec à la fin de chaque couplet une ligne qui ramasse, qui prouve la démonstration que nous fait Dubois de la roue de la vie qui tourne inlassablement, et le comportement très humain de ses ouvriers qui tentent de subsister dans un milieu dur.

À suivre: "Demain L'hiver"

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