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Les Doors dépoussièrés: Morrison Hotel/Hard Rock Café

Morrison Hotel (sortie février '70, enregistré essentiellement en novembre '69)

Un mois aura suffit à coucher le cinquième album studio du groupe qui retourne à une simplicité salutaire après le demi-échec de l'album précédent. Un retour en forme qui est bien accueilli par les critiques et le public, l'album se hissant jusqu'au #4 sur le palmarès des ventes.

Un retour à la base donc, avec prédominance du blues après des mois de circonvolutions orchestrales. Les Doors regagnent de la crédibilité. Ils retrouveront aussi le chemin des arénas progressivement et accumuleront des prises en spectacle pour préparer l'album Absolutely live.

Roadhouse Blues ouvre désormais avec une couche supplémentaire d'harmonica bien baveuse de John Sebastian, ex-Lovin' Spoonful et pote du producteur Rothchild, qui officie sous le pseudo de G. Puglese.

Ce qu'on a fait ici est bien simple, on n'a eu qu' à amener à l'avant la deuxième piste d'harmonica, celle enfouie dans le mixe original. Efficace.

Dans l'ensemble du nouveau mixe, on aura droit à davantage de présence et de morrisoneries, soit dans Waiting For The Sun, You Make Me Real et The Spy.

Indian Summer, qui était de la réédition de l'album éponyme et enregistrée en 1966 sort enfin du tiroir, rechantée pour l'occasion. Son positionnement est stratégique et apaisant après trente quelques minutes de furieuse cavalcade, ouvrant le chemin à la huileuse Maggie M'Gill.

Encore une fois, les paroles sont puissantes:

« Illegitimate son of a rock 'n roll star (...) / Mom met dad in the back of a rock 'n roll car (...) Well I'm an old blues man / And I think that you understand / I've been singing the blues ever since the world began... »

La fournée de pièces supplémentaires est sûrement la plus généreuse des rééditions de 2007. On a droit à rien de moins que huit différentes prises totalisant vingt-huit minutes (!) de Roadhouse Blues, illustrant sa construction sur deux jours, et leur méthode de composition en studio parsemée de nombreux jams sessions.

On sent la différence entre le jour 1 ( piste 13: prises 1 à 3 ) et le jour 2, ( piste 18: les prises 13 à 15 de la journée) ou tout indique que l'on touche au but.

À remarquer que la litanie « Money beats soul every time » maintes fois invoquée par Morrison est évacuée de la version finale.

Quelques faux départs de Peace Frog / Blue Sunday, une version jazzy et up-tempo de The Spy nous la présente différemment, sans compter la version jazzy de Queen Of The Highway. Le début du « cocktail jazz » qui découragera Paul Rothchild du groupe quelques semaines plus tard...

La durée des suppléments totalise l'équivalent d'un album double, avoisinant les quarante minutes, et témoigne de l'évolution du groupe vers le blues.

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