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Les Doors dépoussièrés: The Soft Parade

The Soft Parade (paru juin '69, enregistré de juillet '68 à mai '69)

1969 ne sera pas de tout repos pour les Doors. De plus en plus imbibé parce que de moins en moins bien dans sa peau, Jim Morrison cherche à évoluer et à casser cette image de « jeune lion » à laquelle il regrette d'avoir contribué et qu'il commence à trouver pesante. Cela, ainsi que le Living Theater alimente alors sa démarche créative, et mèneront vers la débâcle du spectacle de Miami, et ses répercussions sur le reste de leur carrière.

Les spectacles prévus s'annulant l'un après l'autre, le studio devint alors le point de ralliement du groupe, qui perdra un gros million de dollars dans la tournée américaine qu'ils entamaient ce soir-là à Miami; ce qui explique en partie la durée interminable de l'enregistrement de l'album. L'autre partie de l'explication, c'est que le groupe, n'ayant désormais plus de chansons devant lui, compose dans le studio.


Résultat? Un album mitigé, avec d'un côté les titres de Morrison qui tiennent pourtant bien la route dans l'esprit et le son du groupe, et de l'autre les titres signés Krieger sur lesquels le groupe ajoute des arrangements de cuivres et de cordes et qui déstabiliseront les fans du groupe. Dans le contexte des événements en cours, disons que cela n'aide pas leur image...

Comment sait-on de qui sont les chansons? Les crédits de composition seront désormais clarifiés, Morrison inconfortable envers la ligne d'ouverture de « Tell All The People » : « Tell all the people that you see / to follow me down », lui qui trouve sa célébrité bien lourde à porter. Les morceaux, qui étaient alors signés collectivement seront personnalisés subséquemment pour les textes.

Rien de très énervant quant aux nouveautés sur cette réédition, sauf évidemment pour un prélude en mineur qui ouvre dorénavant « The Soft Parade » et qui dure plus de trente secondes. Chantée par Morrison sur un accompagnement minimal, ce prélude ajoute une nouvelle séquence dramatique à une pièce reconnue pour sa structure déjà baroque.

Les nombreuses voix de Morrison sont aussi beaucoup plus distinctes, et se démarquent davantage dans la dernière partie qui démarre à « This is the best part of the trip (...) the one I really like ». Le basson qui double la ligne de basse dans cette section est davantage audible et ajoute une autre texture à l'ensemble. Une finale allongée de près d'une minute termine un album mal-aimé, qui n'est pas sans intérêt, mais qui reste symptomatique du désarroi du groupe dans la tourmente des événements que l'on sait.

L'ensorcelante « Who Scared You », parue à l'époque sur la compilation « Weird Scenes Inside the Gold Mine » de 1972, figure parmi les pièces supplémentaires, et la seule signée par Morrison à faire usage de cuivres.

Deux versions de « Whiskey, Mystics and Men » (signées Morrison/Doors) sont aussi au menu, la version 1 davantage produite que la 2 qui est une prise live en studio avec un Morrison inspiré et imbibé.

« Push Push » est un jam bon enfant dont le texte se résume à des « Push push push » de Ray Manzarek qui mène le bal au piano; le jupon latin du groupe dépasse ici.

La prise 3 de « Touch Me » en guise de conclusion s'ouvre par une question de John Densmore qui s'inquiète d'avoir déplacé le micro de sa caisse claire, pour se faire dire que non, tout est bien finalement. Par la suite, on a droit à une prise légèrement plus longue que la version classique, similaire mais pas parfaitement exécutée - et l'on connait l'importance que Paul Rothchild accordait à l'exécution - avec cuivres et violons toujours, mais avec davantage de présence du clavier de Manzarek. Le coda s'allonge et s'étire et donne à montrer l'allure de la finale qui, une fois passé au bistouri du montage, ramènera la pièce au 3:12 classique.

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