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Les Doors dépoussièrés: Waiting For The Sun


Waiting For The Sun (paru en juin '68, enregistré de février à mai '68)

L'album qui devait contenir la pièce amirale de l'imaginaire reptilien de Morrison (l'épique « Celebration of the Lizard ») et poursuivre leur lignée de longues pièces dramatiques fut au finish autre chose complètement. Insatisfait de sa performance de la pièce en studio, le groupe la mis sur la glace, non sans un certain désenchantement de la part du chanteur.

En est toutefois resté la très intense et aliénante « Not To Touch The Earth » - le coeur de la pièce théâtrale, qui contenait aussi la courte « Go Insane », présente dès les tous premiers démos. « Celebration of the Lizard » fut joué sur scène en une poignée d'occasions. Le sujet traite essentiellement du retour à une manière de vivre primitive et plus libre, avec le chaman au coeur de l'expérience.

Furent d'abord enregistrés, vers la fin de '67, « The Unknown Soldier », suivi de« Spanish Caravan ». La face B du single « The Unknown Soldier » était « We Could Be So Good Together », une pièce de la première heure.

Le groupe sorti finalement un album mi-chair mi-poisson aux yeux de certains critiques à l'été '68, ce qui ne l'empêcha pas de devenir no. 1 rapidement. Le groupe essuya aussi une volée de bois vert pour la forte ressemblance de « Hello, I Love You » à « All Day And All Of The Night » des Kinks. Il est vrai que comparativement aux deux premiers albums, on sent cet album moins unifié, comme si le groupe se cherchait.

De un, le pool des chansons de Morrison s'épuise; on utilise des pièces restées en plan (Summer's Amost Gone, We Could Be So Good Together, Hello I Love You), et Robby Krieger contribue avec des ballades (Spanish Caravan, Wintertime Love, Yes, The River Knows) qui donnent une ambiance plus tranquille et une tendance plus variétés à l'ensemble.

De deux, cela coïncide avec le début de l'alcoolisme de Morrison, qui arrive bourré au boulot de plus en plus souvent. Il gère sa soudaine célébrité - et la pression qui vient avec - du mieux qu'il le peut, c'est à-dire mal...

Les points en faveur : certaines pièces frappent fort (Five To One, The Unknown Soldier, Not To Touch The Earth, Spanish Caravan...) et les textes sont considérés comme étant d'une bonne cuvée.

Les trouvailles:

Hello, I love you : une voix annonce : «  Two minutes » avant que John Densmore ne donne le coup d'envoi à ce qui sera leur second numéro 1. Pareil à « Moonlight Drive », le relief de l'arrangement transforme encore une fois une pièce autrement bien linéaire en succès commercial. Dans ce remixe, la définition est impeccable et on entend maintenant clairement Ray Manzarek doubler la voix de Morrison sur la droite. La finale s'allonge de plusieurs secondes, avec un Morrison qui exulte dans le fade-out. On a gagné un bon trente secondes de musique de plus...

Love Street: un siffleur accompagne Morrison à la fin de sa ballade.

Not To Touch The Earth: une voix off à la toute fin du morceau (Rothchild?) donne son avis sur la prise.

Summer's Almost Gone: la découverte d'une piste mélodique en contre-point descendant dans l'intro est un moment de pur bonheur. Incroyable que ça n'ait pas été conservé au mixe final; peut-être a-t-on trouvé que ça alourdissait l'entrée en matière?

Spanish Caravan: la définition des effets à la fin de la deuxième minute, tel un sirocco démentiel, est saisissant.

Et à la fin de « Five To One », un Morrison fier d'annoncer le retour à la programmation habituelle...

Les pièces en boni sont:

- la complétion de l'Adagio en Sol mineur d'Albinoni (entendu sur « An American Prayer » ) qui selon les notes du livret, a pris trente-et-un ans à terminer;

- des dialogues menant à deux prises de Not To Touch The Earth, dont la première incomplète; on compose dans le studio, visiblement;

- et enfin, la version de « Celebration of the Lizard » en work-in-progress capté par l'ingénieur Botnick en l'absence de Rothchild. Il s'agit bien de la même pièce que l'on découvrira sur Absolutely Live éventuellement, en moins bien rôdé ici. Mais tout est là.

Il est fascinant de constater à quel point le groupe appliquait le dicton « une bonne improvisation est une impro préparée »; sauf pour quelques détails musicaux, rien n'est laissé au hasard et le texte semble passablement coulé dans le béton à cette étape.

La pièce qui donne son titre à l'album, « Waiting For The Sun », sera laissée de côté, débutée en mars '68 et incomplète; elle ne paraîtra que deux albums plus tard sur Morrison Hotel.

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