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BIBLIOGRAPHIE

D'entrée de jeu, il est important de rendre à César ce qui lui revient. En fait, ici César c'est Sheila Davis, qui a rédigé le livre The Craft of Lyric Writing au milieu des années '80, aux éditions Writer's Digest. Ce bouquin est le passage obligé de tout formateur en chanson digne de ce nom. C'est un livre de 350 pages qui couvre plus d'aspects sur la chanson que je ne l'ai fait à ce jour. On y aborde notamment des notions telles que l'universalité, l'identification et le film; de garder les yeux sur la scène et le "on veut le voir" qui vient avec, mais aussi les formes de chanson utilisées couramment (pour un parolier, c'est bon à connaître), ou va le titre et combien de fois le répète-t-on; le rythme des mots, l'art de la métaphore et bien d'autres encore. S'il vous faut UN livre de chevet sur le sujet, c'est celui-là. Évidemment, connaître l'anglais est un must, ici, sinon une occasion de l'apprendre et de découvrir un large répertoire de chanson anglophone "éprouvé" par le temps.

Son pendant pratique, Successful Lyric Writing est un cours en 5 étapes avec mise en pratique appliquant les ingrédients de base mis de l'avant précédemment dans "Craft of...". Le hic: on doit être à l'aise à lire en anglais, à tout le moins, sinon à s'exercer à écrire en anglais; au-delà de la barrière de la langue, il suggère des idées et exercices qui s'adaptent sans problèmes en français.

Le nom de Robert Léger n'est plus à faire au Québec et dans la francophonie, notamment via Beau Dommage, mais aussi par la comédie musicale Pied de poule et ses activités de longue date comme formateur. Son bouquin, Écrire une chanson aux éditions Québec Amérique peut s'appuyer sur plus de plus de 35 ans de carrière maintenant, et il y mêle habilement la technique et l'organique; il faut lire comme il sait faire vivre "les premiers instants d'écriture" à la page 45; tout y est, détaillé et mis en contexte de manière vivante. Se poser certaines questions au départ fait partie de sa démarche. On reconnait aussi au fil des pages des notions tecxhniques empruntées à Mme Davis. Le livre de chevet francophone, et québécois de surcroît!

"101 Songwriting Wrongs & How to Right Them" de Pat & Pete Luboff est un tour d'horizon complet et condensé très efficace en 101 points d'achoppements commis par les auteurs et compositeurs qui veulent développer leur écriture de chanson, et comment vendre sa création par la suite. En 10 parties distinctes, ce livre de 276 pages couvre le cheminement de la création d'une chanson, sa rédaction et sa mise en musique, la préparation du démo, comment présenter sa chanson professionnellement, les détails juridiques inhérents et j'en passe. "101 Songwriting Wrongs & How to Right Them" vaut le détour.

Jean-Robert Bisaillon a une longue feuille de route sur la scène québécoise  alternative: ancien membre de Red Shift et de Disappointed A Few People dans la première moitié des années '80, il sera des French B. qui marqueront fortement la nouvelle décennie ‘90 avec leur hit corrosif "Je Me Souviens". En 1998 il fonde la SOPREF et Local Distribution afin de contribuer à structurer la scène alternative québécoise. Maintenant consultant de la SPACQ et manager du groupe The Blue Seeds et d'Émilie Proulx, il est l'auteur du Petit Guide Internet Pour Les Auteurs et Compositeurs publié par la SPACQ, et est l'un de nos plus brillants commentateurs de l'aventure Internet actuelle. Ce livre fait un état des lieux du Net d'un point de vue d'auteur-compositeur, c'est-à-dire comment faire du sens de cet immense puzzle, et quels sont les outils à notre portée pour en tirer profit. La veille technologique qu'il tient avec son blogue Hyperlignes est indispensable à suivre sur le sujet.

Bisaillon insiste notamment sur la lecture de 2 bouquins bien précis afin d'assimiler la philosophie propre à Internet;  le premier des deux est bien sûr La Longue Traîne (The Long Tail) du rédacteur en chef de du magazine Wired, Chris Anderson. Cette démonstration brillante du fonctionnement de l'économie Internet, et de quelle manière les marchés de "niche" (l'opposé du marché du "hit") peuvent s'épanouir sur le Net grâce à Google. C'est une redéfinition majeure de l'économie du divertissement (pour ne parler que de celle-là) qui est à nos portes.

L'autre bouquin, c'est Pourquoi Bloguer Dans Un Contexte D'affaires; un collectif de 10 blogueurs québécois, sous la direction de Claude Malaison, témoigne de l'utilité de bloguer pour influencer, vendre, informer, réseauter, se souvenir, apprendre, se définir, être vu, pour communiquer et/ou provoquer. Pour l'abc du pourquoi bloguer, et ce dans les règles de l'art, cette lecture s'impose.

La brique Songwriters On Songwriting du journaliste et musicien américain Paul Zollo fait 2 pouces (5 cm) d'épaisseur, et totalise 730 pages et 62 entrevues menées par Zollo notamment pour le magazine Song Talk dans les années '80 et '90. La liste des interviewés n'est rien de moins que spectaculaire: Bob Dylan (toujours aussi insaisissable), Paul Simon (une entrevue-fleuve), Brian Wilson, Carole King, Yoko Ono, Frank Zappa, Leonard Cohen, Neil Young, Carlos Santana, David Byrne, R.E.M., Madonna, Lou Reed, John Fogerty, et j'en passe; bref que du poids lourd; bien sûr tous n'y sont pas (je pense à Springsteen notamment), mais on ne boudera tout de même pas notre plaisir! L'entrevue de Paul Simon fait au-delà de 15 pages à elle seule, et Simon est en plus extrêmement généreux dans ses réponses. Pour ceux qui souhaitent vivre de l'intérieur l'aventure chansonnière par des artistes qui ont marqué de leur musicalité la seconde moitié du 20ème siècle.

Stéphane Venne est un incontournable de la fin des années '60 et du début des '70. Ses chansons ont fait chanter les Québécois, les jeunes comme les moins jeunes les ayant adoptées; un authentique succès populaire. Ayant refait surface publiquement depuis la série Star Académie, avec son succès Et c'est pas fini d'Emmanuelle comme thème principal, il a publié en 2006 Le Frisson des chansons. Vu l'impact qu'il a eu jadis, et la persistance de ses chansons dans notre imaginaire collectif, voici un autre livre fouillé à manger des yeux.

L'avocat spécialisé Hubert Mansion souhaite, dans Tout Le Monde Vous Dira Non chez Stanké "dévoiler les dessous de l'industrie musicale en révélant (...) ce que le show-business a toujours voulu cacher..." Le principal message du livre, en page 242, se résume à "je ne signe jamais un contrat sans un avocat spécialisé". Autrement M. Mansion répond à tout obscur questionnement d'affaires que l'on peut traîner un certain temps face à l'industrie musicale. Il décortique et remet notamment en question le système de perception radiophonique par sondage appliqué par la Socan. Il va sans dire que Socan a accueilli ceci avec un certain "détachement" , disons. Il traite aussi surtout de situations impliquant les Majors, ce qui lui a été quelque peu reproché. N'empêche, ce livre assemble des informations et aborde des aspects juridiques qu'il faut savoir si on souhaite vouloir faire faire du chemin à ses chansons un jour.

L'aspect spécifiquement autoproducteur (une distinction québécoise semble-t-il) que certains ont rapporté comme déficient dans le livre précédemment cité d'Hubert Mansion, eh bien on le retrouve à 100% dans le Guide Autoprod 101 de la Sopref. Via 44 fiches de formation, l'apprenti parolier et/ou chansonneur fait le tour de l'aspect de produire son matériel, allant de la protection des droits afférants à l'oeuvre, à l'édition, aux contrats, la fabrication du CD. la promo et j'en passe. Il ne faut pas se conter d'histoires ici; les contrats d'artiste offerts par de grandes compagnies du disque sont l'exception; l'industrie s'intéresse principalement à ceux et celles qui gagnent des prix, qui offrent des propositions artistiques abouties et solvables, qui se distinguent dans les concours divers, voire les télé-réalités. Faire de la musique de nos jours, ailleurs que dans son sous-sol, on s'entend, c'est souvent persister contre vents et marées par moment; ne pas vouloir se donner une base de business est l'équivalent d'un suicide professionnel. Je reviens là-dessus.

Mais revenons à nos moutons de parolier. Dernièrement j'ai eu le nez plongé dans le livre d'Henri Suhamy, Les Figures De Style dans la série des Que Sais-je (#1889), afin de développer un nouvel angle à la création de chanson, soit de revenir à une préoccupation littéraire et baliser un usage du style par des procédés qui sont largement utilisés dans la langue de tous les jours, mais qui n'ont pas été répertoriés, à ma connaissance encore, de façon à en tirer un enseignement. Ne serait-ce que de créer des titres accrocheurs et mémorables, des lignes surprenantes, découvrir une structure littéraire qui s'appliquerait à une structure chansonnière, la figure de style est bien plus fondamentale qu'on ne le soupçonne en chanson. Ce livre peut jouer le rôle de livre de référence en la matière.

Personnellement je suis modérément "dictionnaires de rimes, synonymes, homonymes etc...", mais j'adore fouiller dans un dictionnaire, point. En fait ça vient de mon milieu familial; mon père m'incitait en toute occasion à regarder dans le dictionnaire. Je n'hésite pas à suivre les associations et les connotations qui viennent à mon esprit quand je fais une découverte inattendue. J'aime me laisser surprendre, laisser monter en moi un cabotinage (déconner, en bon français!), associer ou appliquer un mot à une préoccupation quelconque. Comme je fais des mots croisés et fléchés pour garder et développer mon vocabulaire, j'affectionne le Robert, le Larousse des mots croisés et fléchés, le Thésaurus, pour ne nommer que ceux-là. On a tous un dictionnaire préféré, ça ne finirait plus de les énumérer au complet!

Toutefois, je m'en voudrais de ne pas parler du dictionnaire "Rimes et Assonances" d'Armel Louis chez Le Robert. 3000 citations de poèmes de 450 auteurs pour illustrer la mise en pratique des rimes, avec un "mode d'emploi" sur les règles diverses de disposition, avec renvois vers les assonances, contre-assonance, bref une somme de travail d'une richesse inouïe qui impose le respect, et qui en fait à mes yeux un incontournable.

Nb: afin d'aider à financer les activités de l'Atelier, certains de ces liens mènent à Amazon.com. - PJ